Projet

Dans ce village : un bassin de stockage de 800 m³ pour sécuriser l’irrigation de 40 hectares
Dans ce village : un bassin de stockage de 800 m³ pour sécuriser l’irrigation de 40 hectares
Près d’une centaine d’agriculteurs dépendent directement de leurs récoltes. Pour sécuriser l’accès à l’eau et préserver les cultures, le projet consiste à construire un bassin de stockage de 800 m³, complémentaire à une station de pompage solaire déjà existante.
L’eau existe. Le défi est de pouvoir l’utiliser au bon moment.
Dans le périmètre agricole de ce village, l’association des utilisateurs gère l’irrigation d’environ 40 hectares de terres agricoles, cultivés par près de 100 bénéficiaires, femmes et hommes.
Le périmètre possède déjà des infrastructures importantes : un puits équipé d'une station de pompage solaire ainsi qu’un réseau de canaux d’irrigation bétonnés, qui limite les pertes d’eau par infiltration. Le débit du puits est considéré comme suffisant par l’étude technique.
Le problème se situe ailleurs : le soleil ne fonctionne pas la nuit.
Le pompage solaire permet actuellement de mobiliser l’eau pendant environ 6 à 8 heures par jour. En période estivale, cette durée ne suffit pas toujours à répondre aux besoins quotidiens des cultures, notamment du maraîchage et de l’arboriculture, plus exigeants en eau.
Stocker l’eau pendant la journée pour irriguer quand les cultures en ont besoin
La réponse proposée est simple : stocker l’eau lorsqu’elle est disponible pour pouvoir l’utiliser ensuite.
Le projet prévoit la construction d’un bassin tampon de 800 m³ raccordé à la station de pompage solaire existante et au réseau d’irrigation déjà installé.
Pendant les heures d’ensoleillement, l’eau sera pompée puis stockée dans le bassin. Elle pourra ensuite être distribuée selon les besoins et les tours d’eau, y compris en dehors des heures de fonctionnement du pompage solaire.

L'objectif n'est donc pas de chercher une nouvelle ressource en eau, mais de mieux utiliser celle qui existe déjà.
Une logique simple : produire de l’énergie le jour, utiliser l’eau au moment utile
Le bassin permet de transformer une contrainte en avantage :
☀️ Le jour : la station solaire pompe l’eau.
💧 Le bassin : l’eau est stockée.
🌙 La nuit : l’eau peut être distribuée pour l’irrigation.
Cette organisation permet d’élargir les horaires d’utilisation de l’eau et de mieux répartir les ressources disponibles.
40 hectares de cultures à sécuriser
Le périmètre agricole concerné représente environ 40 hectares et associe plusieurs types de productions : cultures céréalières, maraîchage saisonnier, arboriculture fruitière et oléicole,
L’étude estime le besoin annuel moyen à environ 240 000 m³ d’eau pour l’ensemble des 40 hectares, avec un besoin de pointe pouvant atteindre 1 300 à 1 500 m³ par jour durant les mois de juillet et août.
Le bassin de 800 m³ n'a pas vocation à couvrir à lui seul l'intégralité de ces besoins. Il joue un rôle de régulation quotidienne, permettant de lisser les heures d'exploitation et de compléter l'irrigation en dehors des heures de pompage. D'autres leviers, comme l'organisation des tours d'eau ou le goutte-à-goutte, peuvent également compléter cette optimisation.
Une solution adaptée au territoire
Ce projet illustre une conviction forte : la meilleure solution n'est pas nécessairement la plus complexe ou la plus coûteuse.
À Taliouine, une partie des équipements nécessaires existe déjà : le puits, le pompage solaire, les canaux bétonnés et le terrain destiné au bassin. Le projet vient donc compléter un système existant, plutôt que de le remplacer.
Cette approche permet également de valoriser les investissements déjà réalisés et de limiter les besoins en nouvelles infrastructures lourdes.
Le terrain d’implantation est déjà disponible et détenu par l’association, ce qui permet d’éviter une contrainte foncière supplémentaire.
Derrière l’eau, il y a des familles et des revenus.
L’enjeu dépasse largement la construction d’un bassin.
Pour les agriculteurs, les récoltes représentent directement une source de revenus et de sécurité économique. Une irrigation mieux maîtrisée doit permettre de mieux couvrir les besoins des cultures, de sécuriser les rendements et de renforcer la gestion collective de la ressource.
Le projet devrait ainsi bénéficier directement à environ 100 exploitants agricoles, femmes et hommes, travaillant sur les 40 hectares du périmètre.
Chaque goutte économisée ou mieux utilisée peut contribuer à préserver une récolte, un revenu et la capacité d’un village à rester vivant.
Un projet concret de gestion durable de l’eau au Maroc.
Le projet de Taliouine s'inscrit dans une approche de gestion durable de l'eau et d'adaptation des territoires agricoles.
Il ne s'agit pas de promettre une solution miracle face au manque d'eau. Il s'agit de partir des réalités locales, des infrastructures existantes et des besoins des agriculteurs pour construire une réponse proportionnée et durable.
Nous ne créons pas une nouvelle ressource en eau. Nous cherchons à mieux utiliser celle qui existe déjà.
C’est toute la logique de notre démarche : des solutions concrètes, adaptées aux territoires et pensées avec les populations qui y vivent.
Un projet techniquement défini
Le projet prévoit un bassin en béton armé, d’une capacité de 800 m³, avec une emprise estimée à environ 350 à 400 m² et une profondeur utile d’environ 2,5 mètres. Il sera équipé notamment d’un trop-plein de sécurité, d’une vanne de vidange, d’une clôture de protection et des raccordements hydrauliques nécessaires.
L’estimation sommaire du projet s’élève à environ 400 000 MAD HT, soit environ 37 000 € HT. Le coût définitif sera précisé après les études techniques détaillées et la consultation des entreprises.
La réalisation prévisionnelle s’étend sur environ six mois : études et démarches administratives, consultation des entreprises, construction, puis essais et mise en service.
Notre objectif : permettre au village de vivre avec l’eau.
À Taliouine, l'enjeu est finalement très concret : permettre à un territoire agricole de continuer à produire.
Un bassin de 800 m³ peut sembler être une infrastructure modeste face aux grands défis climatiques. Pourtant, lorsqu'il est pensé au bon endroit, connecté aux équipements existants et conçu en fonction des besoins réels des agriculteurs, il peut devenir un outil essentiel de résilience.
L’eau est là. Notre rôle est de faire en sorte qu’elle soit disponible au bon moment, pour les bonnes cultures et pour celles et ceux qui en vivent.

